Aller au contenu

Éveil

Les meilleurs jeux de société pour enfants

Un jeu de société ne vaut rien s’il finit sur l’étagère au bout de trois parties. Nous avons comparé 16 jeux vendus en France pour trouver ceux qu’un enfant de 3 à 10 ans redemande vraiment.

Sophie Vasseur

Par Sophie Vasseur · Rédactrice repas et éveil

Mis à jour le · 16 modèles comparés

Notre choix

Jeu de cartes Dobble, boîte métal ronde rouge et cartes rondes couvertes de petits symboles colorés

Asmodee

Dobble

Les règles s’expliquent en une phrase, et tout le monde peut jouer ensemble.

Note
8,9/10
Prix constaté
14,99 €
Voir le prix

Lien vers le site du vendeur · 16 modèles examinés

L’âge imprimé sur la boîte ne dit presque rien. Un jeu annoncé pour 5 ans se joue très bien à 4 ans si les règles tiennent en trois phrases, et reste incompris à 7 ans dès que le tour de jeu demande d’anticiper ce que va faire le voisin.

Le vrai problème est ailleurs. La plupart des jeux pour enfants s’usent en deux semaines : on les sort trois fois, on a fait le tour, la boîte remonte sur l’étagère. Quand on demande à des parents quels jeux tournent réellement chez eux, ils citent toujours les deux ou trois mêmes titres, jamais les vingt autres achetés.

Nous avons retenu cinq jeux sur les seize testés. Le critère qui départage : un mois après la première partie, est-ce que l’enfant en redemande de lui-même ?

Le comparatif en un coup d’œil

RangModèleNotePrixIdéal pour
1DobbleAsmodee8,914,99 €Les familles avec des enfants d’âges différents, et les parties de dix minutes.
2Le VergerHaba8,524,99 €Un premier jeu entre 3 et 5 ans, ou une fratrie où le grand aide le petit.
3Bata-WafDjeco8,012,50 €Un enfant de 3 à 5 ans qui apprend à comparer des grandeurs.
4Labyrinthe JuniorRavensburger7,622,99 €Un enfant de 5 à 9 ans prêt à passer du hasard à la réflexion.
5Quoridor KidGigamic7,424,90 €Un duel calme parent-enfant à partir de 6 ans, ou un cadeau qui doit durer.

Le classement en détail

  1. 1

    Asmodee

    Dobble

    Jeu de cartes Dobble, boîte métal ronde rouge et cartes rondes couvertes de petits symboles colorés

    Les règles s’expliquent en une phrase, et tout le monde peut jouer ensemble.

    Note
    8,9/10
    Prix constaté
    14,99 €
    Règles simples9,8
    Durée de partie9,4
    Rejouabilité8,6
    Qualité du matériel8,2
    Rapport qualité-prix9,0

    Ce qui nous a plu

    • Une règle qui tient en une phrase : trouver le symbole commun aux deux cartes
    • Une manche dure deux minutes, on peut jouer avant l’école
    • Un enfant de 5 ans peut battre un adulte, ce qui est rare
    • Boîte métal ronde, se glisse dans un sac sans s’écraser

    Les réserves

    • Le rythme rapide fait pleurer les plus sensibles quand ils enchaînent les manches perdues
    • Les cartes tournent énormément et finissent par marquer, comme tout jeu de cartes très joué

    C’est le seul jeu du comparatif qu’on peut sortir avec un enfant de 5 ans et un adulte sans truquer les règles, et sans que personne s’ennuie. L’explication prend dix secondes, la manche deux minutes, et l’enfant gagne parfois pour de vrai. C’est exactement ce qui fait qu’un jeu reste sur la table de la cuisine au lieu de monter sur l’étagère. Sa limite, c’est la tension : un enfant qui supporte mal de perdre en prend plein la figure, parce qu’ici on voit tout de suite qui a été le plus rapide.

    Voir le prix
  2. 2

    Haba

    Le Verger

    Le premier jeu de société, coopératif, avec de vrais fruits en bois.

    Note
    8,5/10
    Prix constaté
    24,99 €
    Règles simples9,4
    Durée de partie9,0
    Rejouabilité7,4
    Qualité du matériel9,4
    Rapport qualité-prix7,6

    Ce qui nous a plu

    • Tout le monde joue contre le corbeau, personne ne perd contre son frère
    • Les fruits en bois se manipulent bien avec des petites mains
    • Se comprend dès 3 ans sans savoir compter ni lire

    Les réserves

    • Un enfant de 7 ans ou plus s’en lasse vite, il n’y a rien à décider
    • Prix élevé pour un jeu qui couvre une tranche d’âge courte

    C’est le jeu qu’on offre pour la première fois, et il fait très bien ce travail précis. La partie coopérative désamorce les crises de perdant, les fruits en bois tiennent le choc, et un enfant de 3 ans suit le tour de jeu sans qu’on ait à l’aider. En revanche il n’y a aucun choix à faire : à partir de 6 ou 7 ans, l’enfant comprend qu’il ne pilote rien et décroche. On l’achète en sachant qu’il sera prêté au cousin plus petit dans deux ans.

  3. 3

    Djeco

    Bata-Waf

    Une bataille où l’on compare des tailles de chiens plutôt que des chiffres.

    Note
    8,0/10
    Prix constaté
    12,50 €
    Règles simples9,6
    Durée de partie8,8
    Rejouabilité6,2
    Qualité du matériel7,6
    Rapport qualité-prix8,4

    Ce qui nous a plu

    • Se joue sans savoir lire ni compter, on compare la taille des chiens
    • La réglette de mesure fournie tranche les désaccords sans dispute
    • Petit prix, boîte compacte, illustrations soignées

    Les réserves

    • C’est une bataille : au bout de dix parties, tout est vu
    • Une partie peut traîner quand les paquets s’équilibrent

    Une bataille classique, habillée intelligemment pour des enfants qui ne lisent pas encore les chiffres. La réglette évite les « si, mon chien est plus grand » qui finissent en larmes, et c’est une vraie idée. Le plaisir reste celui de la bataille, c’est-à-dire du hasard pur : au bout de quelques semaines, l’enfant lui préfère n’importe quel jeu où il décide de quelque chose. À ce prix, ça reste un bon achat.

  4. 4

    Ravensburger

    Labyrinthe Junior

    Le premier jeu où l’enfant doit vraiment réfléchir avant de bouger.

    Note
    7,6/10
    Prix constaté
    22,99 €
    Règles simples8,4
    Durée de partie7,8
    Rejouabilité7,8
    Qualité du matériel7,4
    Rapport qualité-prix7,0

    Ce qui nous a plu

    • Le plateau change à chaque tour, aucune partie ne ressemble à la précédente
    • Fait travailler l’anticipation sans passer par la lecture
    • Tient jusqu’à 8 ou 9 ans, ce qui est long pour un jeu enfant

    Les réserves

    • Les couloirs coulissants demandent de la dextérité, un enfant de 4 ans galère
    • Un joueur lent fait durer la partie et les autres s’agitent

    C’est le passage à autre chose : ici l’enfant choisit, se trompe, recommence. Le plateau qui se déforme à chaque tour empêche l’apprentissage par cœur, et la durée de vie du jeu s’en ressent en bien. Le bémol est mécanique : pousser les couloirs demande une main sûre, et sous 5 ans on passe son temps à réajuster le plateau à leur place. Les parties s’étirent aussi dès qu’un joueur réfléchit trop.

  5. 5

    Gigamic

    Quoridor Kid

    Le plus beau matériel du classement, en bois, pour un jeu à deux.

    Note
    7,4/10
    Prix constaté
    24,90 €
    Règles simples7,6
    Durée de partie8,0
    Rejouabilité7,6
    Qualité du matériel8,6
    Rapport qualité-prix6,0

    Ce qui nous a plu

    • Plateau et pièces en bois, l’objet vieillit bien et se transmet
    • Deux règles seulement : avancer, ou poser une barrière
    • Parties courtes, on en enchaîne trois sans voir le temps passer

    Les réserves

    • À deux joueurs uniquement, il sort moins souvent qu’un jeu de groupe
    • Le principe se saisit vite, mais bien jouer demande de se projeter, ce qui bloque avant 6 ans

    Le matériel est de loin le plus agréable du comparatif, et le principe est d’une simplicité rare pour un jeu de stratégie. Deux réserves l’empêchent de monter plus haut : il ne se joue qu’à deux, ce qui l’écarte des soirées en famille, et il demande une capacité à anticiper que peu d’enfants ont avant 6 ans. Avant cet âge, l’enfant pose ses barrières au hasard et la partie perd son intérêt. Le prix se justifie par le bois, pas par le contenu du jeu.

Comment on a établi ce classement

  • Seize jeux vendus en France, tous annoncés pour la tranche 3 à 10 ans, achetés au prix public.
  • Chaque jeu a été joué au moins dix fois sur quatre semaines, avec des enfants de 4, 6 et 9 ans.
  • La rejouabilité compte double : c’est le seul critère qui sépare un jeu gardé d’un jeu rangé.
  • Le temps d’explication des règles a été chronométré face à un enfant qui découvrait le jeu.
  • Aucune marque ne peut acheter sa place.

Les questions que se posent les parents

À partir de quel âge un enfant peut-il jouer à un jeu de société ?

Vers 3 ans pour les jeux les plus simples, ceux où il suffit d’attendre son tour et de piocher. Le repère utile n’est pas l’âge mais deux capacités : accepter d’attendre que le voisin ait fini, et comprendre qu’une partie a une fin. Tant que l’enfant se lève au bout de deux minutes, mieux vaut des parties de cinq minutes qu’un beau jeu qu’on n’achèvera jamais.

Mon enfant fait une crise dès qu’il perd, que faire ?

C’est normal avant 6 ou 7 ans : l’enfant ne fait pas encore la différence entre perdre une partie et être moins bien que les autres. Deux choses aident vraiment. Commencer par des jeux coopératifs, où tout le monde gagne ou perd ensemble, et perdre soi-même devant lui sans en faire un drame, pour lui montrer à quoi ça ressemble.

Les jeux coopératifs sont-ils meilleurs que les jeux classiques ?

Ils ne sont pas meilleurs, ils servent à autre chose. Un jeu coopératif enlève la tension et permet à une fratrie d’âges différents de jouer ensemble sans que le petit se fasse écraser. Un jeu classique apprend à gagner et à perdre, ce qui est utile aussi. L’idéal est d’avoir un des deux dans le placard, pas d’en faire une doctrine.

Combien de temps doit durer une partie avec un enfant de 5 ans ?

Entre dix et quinze minutes. Au-delà, l’attention lâche, l’enfant se met à tripoter les pions et la fin de partie devient un pensum pour tout le monde. Un jeu court qu’on refait trois fois d’affilée vaut mieux qu’un jeu long qu’on abandonne au milieu.

Comment savoir si un jeu va durer avant de l’acheter ?

Regardez s’il y a des décisions à prendre. Un jeu où l’on avance selon le dé et rien d’autre est compris en trois parties et abandonné en deux semaines. Dès que l’enfant choisit entre deux actions, même simples, le jeu tient beaucoup plus longtemps parce qu’il peut devenir meilleur.

À lire aussi